Les conseils de Mohammed Saeid aux jeunes footballeurs : patience, confiance et fidélité à son jeu
Le parcours du milieu de terrain d’IK Sirius, entre la Suède, l’Angleterre, le Danemark et les États-Unis, a forgé un message simple pour les jeunes joueurs : croire en ses qualités, surmonter les obstacles et continuer à travailler.
Le parcours de Mohammed Saeid dans le football professionnel l’a mené de la Suède à l’Angleterre, en passant par les États-Unis et le Danemark, ce qui lui a donné une vision large de ce qu’il faut réellement pour construire une carrière dans ce sport. Aujourd’hui joueur expérimenté à l’IK Sirius et international érythréen, Saeid estime que les leçons les plus importantes pour les jeunes ne sont souvent pas uniquement d’ordre technique.
Son message est clair : croire en soi, rester patient et ne jamais cesser de travailler.
Une carrière façonnée par des environnements variés
Le parcours de Saeid n’a rien d’une ligne droite. Il a débuté en Suède, a intégré le centre de formation de West Bromwich Albion, a passé une partie de ses années de formation à Fulham, puis est revenu en Scandinavie, tout en découvrant au passage la Major League Soccer et le football danois.
Ce mélange de cultures, de méthodes d’entraînement et d’exigences compétitives a façonné sa vision du jeu. À la fin de la vingtaine, Saeid avait déjà suffisamment vu le football professionnel pour savoir que le talent, à lui seul, décide rarement de ceux qui durent.
Les joueurs ont bien sûr besoin de qualités techniques, mais aussi de l’état d’esprit nécessaire pour surmonter les erreurs, les coups durs et l’évolution du regard porté sur eux par les entraîneurs, les clubs et les coéquipiers.
En évoquant son développement, Saeid a insisté sur le fait que l’aspect mental du football est souvent ce qui distingue les joueurs qui continuent à progresser de ceux qui stagnent.
Pourquoi l’aspect mental est si important
Selon Saeid, tous les joueurs commettent des erreurs pendant un match. C’est inévitable. Ce qui compte, c’est la réaction.
Une mauvaise passe, un tir raté ou une mauvaise décision ne définissent pas un joueur à eux seuls. Le véritable test, c’est de savoir s’il veut encore le ballon après cette erreur, s’il est toujours prêt à effectuer l’appel suivant, tenter la passe suivante ou prendre sa chance encore une fois.
Pour Saeid, c’est là que le mental devient décisif.
Il cite des figures d’élite comme Zlatan Ibrahimovic pour illustrer l’état d’esprit exigé au plus haut niveau. Selon lui, ce qui frappe, ce n’est pas seulement l’exigence que ces joueurs imposent aux autres, mais aussi les standards qu’ils s’imposent à eux-mêmes. Cette force intérieure permanente est un aspect que beaucoup de jeunes joueurs ne mesurent pas encore pleinement.
La confiance, dès lors, n’a rien à voir avec l’arrogance. Il s’agit d’être prêt à réagir quand le match tourne mal.
Un joueur qui se crispe après une seule erreur peut rapidement disparaître de la rencontre. Un joueur qui se remobilise et continue se donne, lui, une chance de rebondir et de peser à nouveau sur le match.
L’importance croissante de la psychologie du sport
Saeid est également revenu sur un élément qu’il a découvert très tôt en Angleterre, mais qu’il n’a vraiment compris que plus tard dans sa carrière : le travail avec un psychologue.
Lors de ses années de formation à West Brom, les joueurs avaient accès à un accompagnement psychologique. À l’époque, il ne comprenait pas totalement pourquoi les clubs investissaient dans ce domaine. Les questions sur les routines, les erreurs, les moments de pression ou la préparation des penalties lui semblaient alors inhabituelles.
Avec l’expérience, son regard a changé.
Il considère désormais ces échanges comme une composante du développement moderne du joueur, et non comme un simple bonus. Pouvoir parler ouvertement, analyser ses performances et comprendre ses réactions émotionnelles peut aider les joueurs à évoluer avec davantage de clarté.
Cette évolution en dit long sur la manière dont le football a changé. Les clubs reconnaissent de plus en plus que les exercices techniques et le travail physique ne représentent qu’une partie de l’ensemble. Gérer la pression, construire des routines et apprendre à digérer la déception sont tout aussi essentiels dans un sport où les écarts sont minimes et l’exposition permanente.
Pour les jeunes joueurs en particulier, les réflexions de Saeid soulignent un point utile : demander de l’aide sur l’aspect mental du jeu ne doit pas être perçu comme un signe de faiblesse. Cela fait partie du processus pour devenir un professionnel plus complet.
La confiance en soi doit venir d’abord
Au cœur des conseils de Saeid, une idée domine toutes les autres : si vous ne croyez pas en vous, personne ne pourra le faire à votre place.
Il décrit la confiance en soi comme essentielle, car une carrière de footballeur est remplie de jugements extérieurs. Les entraîneurs, les recruteurs, les supporters et même les coéquipiers peuvent influencer la manière dont un joueur perçoit son niveau. Si sa confiance dépend entièrement de ces voix extérieures, elle peut monter et descendre trop facilement.
Selon Saeid, les joueurs doivent être à la fois leur critique le plus sévère et leur premier soutien. Ils doivent s’imposer des standards élevés tout en protégeant la confiance nécessaire pour continuer à progresser.
Ce message dépasse le cadre du football, mais il est particulièrement important dans un sport où une carrière peut être influencée par l’avis d’un entraîneur, une blessure ou une mauvaise période de forme.
La conviction ne garantit pas la réussite, mais sans elle, progresser devient beaucoup plus difficile.
Travailler dur, sans perdre son identité
L’un des points les plus marquants soulevés par Saeid concerne la manière dont les jeunes joueurs réagissent aux consignes des entraîneurs.
Il ne dit pas qu’il faut ignorer les instructions. Progresser exige d’écouter, d’apprendre et de s’adapter. Mais il met en garde contre le risque de laisser les voix extérieures effacer les qualités qui rendaient un joueur spécial au départ.
En s’appuyant sur sa propre expérience, Saeid explique qu’il lui est arrivé d’écouter de trop près des entraîneurs qui voulaient le voir jouer autrement. Si son instinct naturel le poussait à dribbler, on l’encourageait à simplifier et à passer plus souvent. Avec le temps, cela pouvait émousser l’individualité de son jeu.
Le risque, selon lui, est évident. Si un joueur s’éloigne trop de ses forces naturelles, il peut devenir ordinaire. Et à partir de là, il ne se démarque plus.
C’est un équilibre délicat pour tout jeune footballeur. Le développement passe souvent par la correction des faiblesses et l’amélioration de la prise de décision, mais il ne doit pas signifier l’effacement de la créativité, de l’audace ou de l’instinct.
Le message de Saeid est de faire confiance à ses qualités tout en continuant à les affiner. Apprendre, oui. S’adapter, oui. Mais sans laisser quiconque vous enlever ce qui vous a fait aimer ce jeu au départ.
La patience, une qualité essentielle dans un sport irrégulier
Un autre thème majeur chez Saeid est la patience.
Dans le football de jeunes, les joueurs sont souvent jugés trop tôt. Certains percent à 17 ans et sont immédiatement présentés comme des stars. D’autres se développent plus tard et peuvent être négligés parce qu’ils n’étaient pas en avance sur leurs pairs à 11, 15 ou même 19 ans.
Saeid rejette l’idée selon laquelle tout le monde devrait suivre la même chronologie.
Certains joueurs mûrissent physiquement avant les autres. D’autres ont besoin de davantage d’expérience. Certains commencent seulement à tout mettre en place au début de la vingtaine, et d’autres encore plus tard. En ce sens, la progression dans le football est rarement linéaire.
Son conseil aux plus jeunes est simple : ne paniquez pas si votre parcours semble plus lent que celui de quelqu’un d’autre. Continuez à vous entraîner, à apprendre et à croire que votre moment peut encore arriver.
Cette perspective est importante à une époque où les réseaux sociaux donnent à chaque jeune joueur l’impression de courir contre tout le monde. La carrière de Saeid elle-même, construite à travers plusieurs championnats et plusieurs pays, prouve qu’il existe plus d’un chemin pour devenir un professionnel confirmé.
Un message qui dépasse le football
Même si les propos de Saeid s’ancrent dans les réalités du football professionnel, l’enseignement général va bien au-delà du sport.
Il insiste sur le fait que les rêves exigent des efforts, de la discipline et de la résilience, que l’objectif se situe dans le football, à l’école ou dans tout autre domaine. Rien ne doit être tenu pour acquis, et tout ce qui dépend de vous doit être abordé avec un engagement total.
Cet état d’esprit est particulièrement précieux pour les jeunes athlètes, qui peuvent se laisser absorber par des éléments qu’ils ne maîtrisent pas, comme les décisions de sélection ou l’opinion du public. L’approche de Saeid ramène l’attention vers l’essentiel : le travail, la constance et le refus d’abandonner trop tôt.
Une expérience qui donne du poids à ses conseils
Ce qui donne de la portée aux paroles de Saeid, ce n’est pas seulement la clarté de son message, mais aussi le parcours qui l’accompagne. Il a connu le football de formation en Angleterre, des passages professionnels dans plusieurs pays et les exigences du niveau international avec l’Érythrée. Il a vu différents vestiaires, différentes attentes et différentes réalités du jeu.
Cela donne à ses conseils une dimension concrète.
Il ne s’agit pas d’un discours théorique sur la manière de réussir. C’est le point de vue d’un joueur qui a dû s’adapter, réfléchir et avancer malgré les nombreux détours d’une carrière professionnelle.
Pour les footballeurs en devenir, la leçon est difficile à manquer. Le développement technique compte, mais le mental peut être l’élément qui porte tout le reste. Croyez en votre talent. Acceptez les erreurs comme faisant partie du processus. Restez ouvert à la progression. Protégez les qualités qui vous rendent unique. Et surtout, soyez assez patient pour laisser votre parcours se construire.
Dans un football qui s’empresse souvent d’étiqueter les joueurs très tôt, le message de Saeid rappelle opportunément qu’une carrière se bâtit sur des années, pas sur des instants.